RYAN GANDER - ARTICLE

Par Katherine Abricqueau

RYAN GANDER



You can see straight through it(‘Arguably, Sir, Arguably’),2009Framed color photography on paper and cut-out
Framed 113 x 83 x 4,5 cm + cut-out 31 x 31 x 1 cm Edition 3 (+ 1 A.P.)



FIAC, automne 2010 :
j’attaque cette fois ci la foire avec une réelle connaisseuse, une spécialiste, une collectionneuse, une galeriste, bref la bonne personne qui va m’expliquer, me décortiquer, m’analyser les dessous de l’art contemporain: pourquoi cet artiste, pourquoi cette galerie. Elle va m’éviter les emportements subjectifs et me mettre dans le droit chemin de la raison et de la critique pure !

Je suis attentive, bonne élève, jusqu’au détour d’une allée, où au fond, tout au fond, à droite sur le mur extérieur d’une galerie, on tombe en arrêt devant une photo, un moyen format, d’une non couleur incertaine, presque uniforme entre le blanc et le gris clair : un ovni !

On en est pas loin tout bien réfléchi : au milieu d’un lieu anodin au mur et sol blanc, 3 dalles blanches en suspension…
Cette photo m’a hanté pendant pas mal de temps.
Je cherchais ce qui se passait là dedans, pourquoi ces dalles me fascinaient tant : vont-elles décoller un jour, vont-elles atterrir ou finalement rejoindre le casto du coin au rayon gerflor ?
Ce que je sais, c’est que la fascination se trouve à la fois dans ces dalles qui volent , et aussi par le vide laissé au sol.

Wallpaper Aout 2011 : Ryan Gander x G-star x Wallpaper
Un magazine réunit un artiste et un jeaner.
Résultat : Quelques taches blanches brodées, un mini personnage japonais attaché à un jean G-Star édité à 30 exemplaires vendus dans le monde sans tambour ni trompettes, au même prix qu’un autre.
Pas grand-chose…mais finalement beaucoup pour celui qui tombe dessus par hasard…


GB Agency, Mars 2012 :
Cette fois, je sors d’une exposition de ce cher Ryan Gander qui m’a fait décoller pendant plus d’un an.
Je ressens une impression de vide, de rien, non, de presque rien mais qui fait tout.
Ce vide qui rempli, cette absence qui ne manque pas, ce minimalisme abondant.
Juste un virtuose qui vous nourrit d’une certaine vacuité et laisse votre esprit s’engouffrer dans quelques fissures laissées…au hasard ?