LE TSUNAMI COREEN ! CHRONIQUE Ciné

Par Hakim Tabet,

In another country


In another Country, directed by Hong Sangsoo




Isabelle Huppert a tourné dans un film coréen qui sera en compétition au prochain festival de Cannes…Le film en question s’appelle In another country, et il est réalisé par Hong SangSoo, un illustre inconnu pourtant habitué de la croisette…Combien vous pariez que c’est la prochaine palme d’or ?

Le quidam se posera spontanément la question : «Mais qu’a-t-elle été foutre en Corée (Bordel de dieu)?!». Et moi je lui répondrai qu’elle est partie faire du surf … sur la nouvelle vague du cinéma mondial … En fait de vague, actons qu’il s’agit plus précisément d’un bon gros tsunami. Qui déferle dans nos salles de cinéma depuis plus de 10 ans. Et le pire, c’est qu’en bons pratiquants SM, on ouvre bien grand la bouche (et les studios américains bien grand leur chéquier pour s’offrir les droits de remake) !

Memories of murder (ou l’enquête la plus savoureusement foireuse du siècle !), Old Boy (la sensation dentaire de 2003), The chaser, The murderer, I saw the devil… Soit un bon paquet de bonbons acidulés ! Ne me croyez pas sur parole, Allez les goûter. Faites-vous votre propre opinion, mais prévoyez une cure de désintox juste après, parce que dans le cas contraire vous finirez comme certains de mes amis à m’appeler à une heure du matin, à me bégayer au téléphone « S’te plaît, t’as pas un autre film coréen?...S’te plaît ! Me laisse pas en galère !…J’suis debout sur le rebord de ma fenêtre et j’habite au sixième étage…»

In another country



Ne riez pas parce que c’est précisément ce qui vous arrivera si vous tombez dedans : ceux qui veulent prendre le frais en matière de cinéma doivent prendre leur billet et filer comme isabelle Huppert, au pays des génies du rythme, de la précision scénaristique au service d’un décalage toujours surprenant (I saw the devil), du grand écart technique, de l’exploration rigoureuse, exigeante du mouvement et de la ficelle dramatique…Leur caméra bouge dans les tous les sens ! Leurs histoires sont jusqu’au-boutistes (The chaser âmes sensibles s’abstenir). Leur principe, c’est le déluge ; de poursuite, de sang, d’humour, d’amour, d’horreur. Exit les armes à feu, là-bas on se déglingue la gueule à coups de hache et de tournevis…Et pourtant on ne finit pas dans le grand guignol, et leurs personnages restent terriblement humains, comme ce Murderer qui ne cherche qu’à retrouver sa femme…C’est là leur virtuosité, une manière propre de savoir gérer des overdoses…

En l’occurrence, pour le cas qui nous occupe, le réalisateur Hong Sangsoo fait plutôt figure de contre exemple ; adepte du plan plus que du montage cut, petit peintre de l’étrange ordinaire, romantique, glauque et alcoolique, on le surnomme le « Rohmer » coréen. Et si d’aventure il ne chope pas la fameuse petite palme à l’issue de la compète…rien à foutre ! Parce que c’est jamais que tout leur cinéma qui en ce moment la mérite.

In another Country, directed by Hong Sangsoo


In another Country, directed by Hong Sangsoo