RENOMA - Love Smoke - 50 ans !

Texte par : Karim Zehouane,
Renoma 50 ans



«Je me souviens qu’ils avaient des costards cintrés achetés chez Renoma et des Weston aux pieds. Dutronc chantait :
«J’ai pas peur des petits minets
Qui mangent leur ronron au Drugstore».»

(Gilles Jacob in Les Pas Perdus, Flammarion)



Fondée le 23 octobre 1963, la Maison Renoma a 50 ans. Des noces d’or que Stéfanie Renoma a souhaité fêter en offrant la relecture d’une silhouette phare du très étoffé vestiaire paternel : Le Smoking, cet emblème de la branchitude parisienne des années 60/70, celui des minets de la bande du drugstore, de Gainsbarre et consorts.

Car si l’on ne cesse de ressasser que le Smoking – celui des femmes tout du moins- est né de la proustienne pensée de Saint-Laurent, eh bien on a raison… A moitié. Saint-Laurent Le penseur mode des intellos Rive-Gauche, dégingandés un brin coincés, moquant avec distance la bourgeoisie dépravée de la (dé)Rive-droite.
Et s’il serait malvenu de renier l’héritage du fils prodigue de la mode française, il serait plutôt bienvenu de rendre hommage à son pendant prodige, Maurice Renoma, le grand Maître du Smoking qu’on porte, pour de vrai… Celui des bourgeois léchés du 16ème, qui trouvent dans cette proposition l’avatar « vestible » de leur hédonisme libertaire. On les appelle les minets, et ils portent des choses tellement cintrées que les minettes en ont envie, que Stéfanie en a envie...Et la canopée arty, aussi.
De Dali à Picasso, de Dylan à Lennon, mais aussi Andy Warhol, Jacques Dutronc, Françoise Hardy, Jean Seberg, Karl Lagerfeld et Yves Saint Laurent himself trainent les basques talonnées de leurs envies de mode dans la mythique boutique sise rue de Longchamp.

Renoma 50 ans

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Mais c’est surtout à Gainsbarre – acolyte de Maurice devant l’éternel, qui au même titre que ses légendaires Zizi aux Panards , portait toujours un Smok Renoma pour faire office de costard - que l’on doit le Mythe du Smoking Renoma. Le chic indéniable du lascar, le porté féminin, l’attitude ambiguë de l’homme à la tête de chou … Une image d’Epinal qui marque Stéfanie.

Et puis il y a aussi, les campagnes de l’époque, celles que l’on doit à Avedon, David Bailey, Guy Bourdin et surtout Helmut Newton dont les images d’une sensualité torride un brin borderline, au goût d’interdit, construisent son esthétique. Une esthétique très 70’s, celle des années où Renoma et ses potes, Serge of course, Dutronc, Warhol et j’en passe, battaient le pavé doré des nuits parisiennes, arpentant les travées dionysiaques de l’Elysée Matignon, de Chez Castel, ou du Golf Drouot.
Une folie interlope, où la fusion des styles donnait naissance à une confusion des genres. Une ère de l’absolu où les silhouettes proto-manorexiques des hommes, donnaient la réplique aux powerfull women en smoking et talons hauts.

Un look auquel Stéfanie Renoma a voulu rendre hommage, en images forcément, à l’occasion d’une séance photo très particulière, série shootée dans les sous-sols de la boutique Renoma, là où tout a commencé, il y’a 50 ans, le 23 octobre 1963.

Une histoire visuelle en chiaroscuro où, fatalement, l’androgynie est de mise. Incarnée par ce mannequin asexué, aux attitudes classieusement lascives, dans une ambiance évoquant les boudoirs sensuels de la révolution sexuelle.

Le résultat, une collection capsule pour femme, une expo sur le thème androgyne à découvrir chez Komplex Store et sur la boutique en ligne.

Renoma 50 ans

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Renoma 50 ansRenoma 50 ans

Renoma


DR
Renoma Boutique
Exposition: 50 ans Renoma
Jusqu'au 23 janvier 2014
129 bis, rue de la Pompe
75116 Paris
http://www.renoma-paris.com/fr/

http://www.stefanie-renoma.com/

un+un = 3


Un + Un = 3
Maurice Renoma, une aventure singulière
Texte de Gabriel Bauret
Editions de la Martinière



Renoma 50 ans


Renoma 50 ans de création