HONEST BY : LE BEAU-BIO DE BRUNO PIETERS-INTERVIEW

Par Karim Zehouane

Bruno Pieters



Comment est né Honest by ?
Bruno Pieters: J’ai toujours aimé la mode, acheter de belles pièces, mais j’ai toujours gardé en tête que chaque acte avait ses conséquences. Donc, un jour, en tant que client, je me suis dis que je voulais avoir des garanties dans tous mes actes d’achats, acheter en toute conscience.
De là est né l’idée de Honest by. Le concept de base est la transparence, une transparence totale. On communique sur les matières, la fabrication, le calcul du prix etc. Même si je sais que ce n’est pas un argument de vente en soi, j’estime que c’est un bonus. En effet, la transparence est nécessaire dans le luxe, on n’achète pas qu’un vêtement, on achète un savoir faire, une histoire.

Et pourquoi l’éthique?
Bruno Pieters: A l’époque d’Hugo Boss, ou de Bruno Pieters, je n’avais jamais le temps de penser ; j’étais emporté par la spirale des collections et de leur cadence frénétique. Vous savez, les créateurs sont absorbés par le rythme des collections, donc on ne peut pas penser à l’éthique, ou alors on se déculpabilise, en se disant que puisqu’on achète du luxe et qu’on fait appel à des fournisseurs de luxe, eh bien ce n’est déjà pas si mal.
Mais en réalité, cela ne veut rien dire. Ce n’est pas par ce que c’est cher que c’est organique.
Bon, il faut admettre qu’il faut du temps. Il nous a fallu un an de recherches pour trouver les bonnes matières, savoir ce qui était vraiment bio et ce qui ne l’était pas, connaître les certifications, etc. En plus, ce qui est organique au brésil ne l’est pas forcement en Europe, les labels internationaux sont très sévères. Puis trouver les bons labels, ceux qui font des choses avec lesquels je suis en accord, eh bien tout ça a pris du temps. Ensuite, trouver des fabricants qui ont ce label et qui font de belles choses, cela prend encore plus de temps.

Et quel en est le concept de Honest by?

Bruno Pieters: Quand il a fallu créer la collection, je me suis mis à dessiner, comme je l’ai toujours fait. Mais l’image que j’avais en tête n’était plus la même : j’avais envie de faire autre chose. Vous savez, j’ai tellement fait de robes cocktail dans le passé, que j’ai eu envie d’autre chose, quelque chose de plus unisexe, de plus sportif. Et puis ce coté sportif m’apparaissait plus mystérieux, plus novateur, plus relax, plus spontané, que le côté habillé.

Et pourquoi internet ?

Bruno Pieters: Je trouvais qu’internet était la meilleure façon de présenter et de communiquer autour de ce projet. Pour véhiculer l’information et la rendre accessible à tous. Internet a quelque chose de démocratique.

Pourquoi la vente en ligne ?

Bruno Pieters: J’ai décidé de vendre en ligne parce qu’il nous semblait très difficile, pour une marque qui débute, d’imposer sa philosophie de vente à des boutiques. Aujourd’hui Honest by est connu et les choses sont différentes, les gens sont intéressés. On a pu vendre à une boutique à Bruxelles, puis à partir de septembre on va faire un show room vente, où les boutiques pourront commander… Et nous pourrons produire en conséquence.


Le choix de matière est limité avec l’organique : considérez-vous cela comme un challenge?

Bruno Pieters: Pour être franc, c’est plutôt la structure de l’entreprise qui fait tout. En fait, tout est plus compliqué quand on est une petite société. Vous savez, quand on commande beaucoup de métrage, tout est possible. Mais quand on est une petite société, on est limité : il faut travailler avec leur stock, et pour les couleurs c’est pareil. Là on est ravi, on a découvert un imprimeur incroyable, qui fait des imprimés étonnants ; et là on peut tout faire, sans limite, aussi bien sur de la soie que sur des cotons biologiques certifiés.

Quelle a été la réception d’Honest by?

Bruno Pieters: Les gens ont été surpris, ils ont trouvé Honest by innovant, frais, et nouveau. Les retours ont été positifs, en somme.

Next step, next dream?
Bruno Pieters: Des concept stores, ça c’est pour le next step.
Next dream, c’est d’avoir le concept store où on peut tout acheter selon le concept Honest by. des meubles, de l’alimentation etc. Oui, ça c’est le rêve !

Vous allez collaborer avec des guests?

Bruno Pieters: Tous les trois mois, Honest by va inviter un designer. Pour la première capsule, ce sera cette jeune fille la canadienne Calla qui a travaillé aux cotés d’Olivier Theyskens, et possède sa propre collection à Paris depuis 3 saisons.

Il y a combien de pièce dans cette première collection?

Bruno Pieters: 28 pièces- créations, mais qui sont développées dans trois tissus différents. Et grâce à internet, on a la possibilité de mixer les saisons, hiver et été, toute l'année. Je ne crois plus à l’idée de saisonnalité.


Vous comptez défiler?

Bruno Pieters: Je l’ai fait pendant dix ans… Donc ce n’est pas une priorité. Mais je ne l ‘exclue pas. Je sais que c’est la meilleure façon de faire connaître une marque…