KOLOR - JUNICHI ABE- INTERVIEW

Par Karim Zehouane,

KOLOR- INTERVIEW



Qui êtes-vous, Junichi Abe?
J'ai débuté en tant que modéliste. Puis, après avoir travaillé au sein de deux enseignes, on a décidé, avec trois de mes amis, de lancer notre propre label : "ppCM". Au bout de dix ans, bien que notre marque se développait avec succès, nous avons choisi, d'un commun accord, de nous séparer. Chacun devait prendre sa propre route et faire ce qu'il avait réellement envie de faire. Pour moi, ça a été Kolor, que j'ai fondé il y a 8 ans.

Pourquoi ce nom, KOLOR?
En fait, le but n’était pas de faire sens. Je voulais juste quelque chose de court, avec une sonorité familière.

Comment définiriez-vous l’ADN de KOLOR?
Je la définirais par une certaine notion d'équilibre.


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Vous avez travaillé avec Junya Watanabe. Parlez-nous de cette expérience, de la manière dont elle a pu influencer votre approche mode.
Au départ, bien avant que Junya ne lance sa propre marque, j'ai commencé en tant que modéliste pour la première ligne Comme des Garçons. Ensuite, lorsqu’il a été décidé de créer une ligne femme, il m’a été demandé d’en intégrer l’équipe créative. J'étais modéliste chaîne et trame. A cette période, nous n’étions que cinq à travailler exclusivement sur cette ligne.J’ai ensuite été intégré aux premiers plannings de collections de sa marque éponyme.
Aujourd'hui, je pense avoir été profondément influencé par cette expérience. Quand je crée, bien avant de penser aux formes ou aux cols que je vais choisir, je pense d'abord à ce que je veux exprimer au travers de cette collection. Je confronte ensuite ma démarche aux impératifs, aux contingences de production. J'estime que, même si les produits se différencient d'eux même, une part du process créatif que je mets encore en place aujourd'hui résulte de mon expérience chez Junya Watanabe.

Matières et tissus originaux semblent une donne fondamentale de votre approche.
Les matières sont effectivement importantes. Reste que les vêtements ne sont pas uniquements construits à partir de matières, mais aussi par la coupe et la façon de coudre ces tissus. En fait, je préférerais parler de notion d’équilibre en terme de coupes, de couture et matières.

Existe-t-il une différence dans la manière dont vous concevez les collections homme et les collections femme?
Que les pièces des collections Homme et Femme soient différentes ou similaires, le processus de création des collections reste toujours le même.

KOLOR- INTERVIEWKOLOR-FALL WINTER 2012/2013



Et selon vous, y’a-t-il une « Japanese Touch » dans votre travail?
A l’étranger, on doit certainement trouver une touche japonaise dans mes collections, parce que j'ai grandi et que je vis au Japon. Reste que je n'ai jamais délibérément crée quelque chose avec ce type d'idée.

Et quid des grands groupes de luxe ? Vous souhaitez rester indépendant, ou vous n’étes pas réfractaire à l’idée d’intégrer le «Global Business»?
Je ne peux rien affirmer. Cependant, il est vrai qu’en ce moment j'estime qu'il m’est important d'être indépendant dans la mesure où je peux prendre mes décisions librement, sans me freiner.

Pas trop compliqué, justement, d’être un créateur indépendant aujourd’hui?
En fait, pas vraiment. Bien sûr, Il y a des moments difficiles, mais je pense que cela fait aussi parti de mon travail.

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Et qu’est-ce qui vous inspire, au quotidien?
Le quotidien, justement. La vie ordinaire, celle de tous les jours.

Prochaine étape?
Pour moi, juste continuer à faire chaque jour de mon mieux.

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LOOKS FALL WINTER 2012-2013