Olivier Jobard

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LA VIE À DURÉE DÉTERMINÉE

Olivier Jobard, LA VIE À DURÉE DÉTERMINÉE


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DAVID, 37 ans. Lorient.
David est père célibataire et professeur-remplaçant en histoire-géo, dans les collèges et lycées de Bretagne.Un programme chargé et aléatoire.David s'organise à la semaine : ses cours, son emploi du temps et ses revenus fluctuent sans arrêt, selon les personnes qu'il remplace, souvent au pied levé...Impossible de se projeter dans l'avenir. Quand il a couché ses enfants et préparé ses cours du lendemain, il révise son concours pour être titularisé. Le seul moyen pour obtenir un poste fixe."En France, certaines personnes peuvent travailler des années sans jamais se voir proposer un CDI (Contrat à Durée Indéterminée), ou ne peuvent avoir d’autre choix que de cumuler plusieurs emplois pour gagner un SMIC.

En France, il arrive qu'à la fin d'une journée de travail en intérim, la mission ne soit pas reconduite le lendemain, et ce, sans préavis.
En France il est fréquent que des travailleurs sans papiers aient à payer des impôts. Nous les croisons, nous vivons à côté d’eux sans bien connaître leurs conditions d’existence. Ils sont peu syndiqués, rarement défendus, peu présents dans les médias, plus préoccupés par leur survie que par leurs droits.
Pourtant, ils vivent tous l'emploi, l'éducation et le logement précaires, l'endettement et la difficulté de se projeter dans l'avenir.
Pendant plusieurs mois, aux quatre coins de la France, j’ai suivi au plus près ces travailleurs précaires dans le bâtiment, l’industrie, l’agriculture, la restauration, les services. Levé avant l’aube comme la plupart d’entre eux, embarqué dans leurs galères de transport, d’horaires, d’organisation pour s’abriter, se nourrir, s’occuper de leurs enfants, j’ai pu photographier de l’intérieur ces vies minuscules, les explorer.
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Olivier Jobard, LA VIE À DURÉE DÉTERMINÉE


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Jobard.VICTORIA, 28 ans. Carpentras.
Caissière dans une enseigne de hard discount à Carpentras et mère célibataire, Victoria n’a ni assez de temps ni assez d’argent pour bien s’occuper de son fils de quatre ans. Cet été, malgré elle, Victoria a été obligée de quitter son poste afin de pouvoir le garder elle-même. Face à cette situation incohérente, elle a décidé de raconter son histoire.
Le plus difficile pour moi a été de les convaincre de me laisser entrer dans leur monde. Certains sont à la limite de la légalité, d’autres dans l’illégalité, d’autres dans la «débrouille».
Ma règle n’a jamais varié depuis que je porte entre mes mains un appareil photo.
L’engagement dans les sujets que je développe nécessite beaucoup de temps, de patience et surtout de curiosité.
Etre au plus près des gens que je photographie, c’est explorer leur vie, à leur côté, avec eux, en étant le plus juste possible et sans surjouer l’empathie, ou pire, la plainte. Car ces gens n’ont de cesse de se battre. Olivier Jobard
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LA VIE À DURÉE DÉTERMINÉE ©Olivier Jobard

LA VIE À DURÉE DÉTERMINÉE ©Olivier Jobard


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MARTIN ET MARIAM, 49 et 44 ans. Orly-la-Ville.
Martin a été régularisé en 2011 après 18 ans de vie clandestine en France.
Cette année, on lui a proposé son premier CDI. Bien sûr il l'a signé. Tous les jours, il trie des palettes. Ce travail lui provoque des troubles musculo-squelettiques, mais il est la seule garantie pour que soit renouvelé son titre de séjour. Sa femme Mariam fait des ménages. Ses horaires sont pénibles et aléatoires. Pour ne pas perdre sa carte de séjour, elle accepte cette situation, quitte à peu voir son mari, et encore moins leurs deux enfants.
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Olivier Jobard, LA VIE À DURÉE DÉTERMINÉE



Galerie FAIT & CAUSE
Jusqu'au 20 juillet 2013
58 rue Quincampoix
75004 Paris
Horaires d’ouverture : du mardi au samedi, de 14h à 19h. Entrée libre
Métros : Les Halles, Rambuteau